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Rollingstone  interview loustal

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loustal

« Grand nom du 9e art, illustrateur prolifique et inlassable voyageur, Loustal est aussi très fan de rock. » Loustal

Dans son nouvel opus, avec le scénariste Fred Bernard, Loustal raconte l’histoire rocambolesque du diamant Bellaciao découvert en 1907 en Afrique du Sud, qui traverse le siècle, du naufrage du Titanic à la mort de Bashung. Rencontre.

Bijou est une histoire inventée de toutes pièces ?

C’est la petite histoire qui croise la grande et le fruit de l’imagination de Fred Bernard. Je renoue avec mes débuts avec des grandes vignettes, sans les contraintes pénibles de la BD avec petites cases et perspectives. Je me suis fait plaisir avec plein d’ellipses. Je dessine rarement plus de trois fois le même personnage et les ambiances changent souvent. C’est proche de l’illustration tout en empruntant à la grammaire graphique de la BD avec des hommages à Hergé.

L’esprit rock, c’est quoi pour vous ?

C’est avant tout lié à la contre-culture, à la culture populaire. Métal Hurlant en était une bonne définition avec son ouverture à la science-fiction et au fantastique. Je n’ai jamais eu de Perfecto mais le premier journal auquel j’ai collaboré était Rock & Folk. Je faisais partie de ceux qui ne limitaient pas le rock à un truc pour danser dans les boums. J’achetais tout ce qui tournait autour, ce n’était pas que du bruit, c’était aussi tout ce que racontaient tous ces gens. La presse était précieuse pour découvrir les backstages à une époque où il n’y avait pas de radio musicale ni de clips.


Vous avez une image plutôt jazz que rock…

Avec moi, il y a toujours eu un malentendu. Depuis Barney et la note bleue avec Paringaux, tout le monde croit que je suis amateur de jazz. J’étais le petit dernier d’une famille où l’on n’écoutait que ça, mais l’un de mes frères a acheté un 45-t des Stones, et ce fut alors mon entrée dans le monde merveilleux du rock. La fin des années 1960, c’était des années démentes avec un album génial par mois.


Votre look à 20 ans ?

J’adhérais au new wave, je portais une cravate fine et je m’étais coupé les pattes. J’allais voir tous les concerts mais j’enviais mes amis qui faisaient à la fois du rock et de la BD comme Margerin, Denis Sire et Vuillemin.


Votre musicien(e) culte ?

Lou Reed a été très important. Ce fut mon premier concert en 1973 à l’Olympia pour Rock’n’Roll Animal, l’époque hard rock. J’écoute aussi JJ Cale, Rammstein ou Marilyn Manson, mais tout vient de cette matrice rock.


Dernier concert ?

Alice Cooper que je vais voir régulièrement. On était entre gens de notre âge (rires). J’ai toujours adoré sa voix, son univers qui traîne des trucs un peu cheap et tous ses tubes… Je suivais aussi régulièrement les Ramones et les Cramps, mais ils sont tous morts.


Votre prochain livre ?

C’est sur un voyage fait récemment en Terre de feu, je fantasmais dessus. Et sur d’autres lieux enchanteurs comme l’Islande. J’aime de plus en plus les endroits où il n’y a personne, les gens m’emmerdent. Je suis plus dans le paysage que dans la rencontre, dans la rencontre de paysages.


Propos recueillis par Loraine Adam